mardi 18 octobre 2016

Fête de l'éventail

Nous apprenons qu'un  groupe de 10 danseurs - musiciens Wayampi a participé au 15ème festival de l'imaginaire en France pour l’année 2011 des outremers .
Ce sont les mêmes que l'on retrouve pour ces 3 jours.
Les femmes accueillent les danseurs avec le cachiri

 Le chef coutumier Jacky Pawey est chef de danse,il est un des yémi 'aya (maître de musique)

Les autres appartiennent aux grandes familles.

 Les spectateurs des différents villages de Trois Sauts


 JM boit aussi sa calebasse de cachiri (La calebasse contient le traditionnel cachiri, bière de manioc à 2/3° d'alcool, aux effets psychiques euphorisants faibles et identiques à ceux de la bière occidentale)

La danse est très codifiée et durera de l'aube jusqu'au soir,un vrai marathon entrecoupé de pauses cachiri.
 Flûtes ipilaylaanga en main,vêtus du long kalembe rouge(celui des fêtes) et la cape en fibre de maho-cigare  enfilée,ils débutent leur danse
 Au bout du kookoo joué par Jacky ( grande clarinette à plusieurs anches) est accroché un poisson en bois rappelant que les danseurs représentent des poissons. La danse du Paku.Jacky frappe régulièrement le sol du pied droit.


Différentes sortes d’aérophones taillés dans du bois canon et des bambous accompagnent leurs ronde.

Les éventails sont presque prêts pour le maraké d'après demain


2ème jour ,avant le début du jour et tard après le coucher du soleil,un marathon entrecoupé de partage de cachiri
 A 4het demi,les femmes allument le feu. Dès que le jour se lève,les danseurs s'élancent,se tenant les uns les autres par des brins de leur cape


À chaque changement de séquence les hommes effectuent une pose et les femmes amènent les calebasses de cachiri.
                                    Les jeunes même "les bad boy"suivent avec intérêt la danse,photographient et filment

                                                              Jacky fait retailler sa cape
Par cette danse et ces chants sont transmis les savoirs sur l'écologie et le rapport entre l'homme et le poisson.



Au fur à mesure des filles et femmes intègrent la chaîne



 Repause cachiri


 Allez JM

                                              François et JM échangent leurs impressions
Vient le moment où une femme allume de l'encens que ne doivent pas regarder les musiciens sous peine de devenir aveugles.
Puis une autre jette du couac en pluie sur eux pour éviter que des catastrophes ne s'abattent sur les récoltes à venir...
Beaucoup de rires fusent dont nous ne comprenons pas bien toujours l'origine.




Et c'est reparti jusqu'à la nuit largement tombée dans une communion qui fait plaisir à voir.



Chez les wayãpi, les différentes musiques se répartissent en deux selon leur distinction fondamentale : les premières sont collectives, c'est-à-dire jouées par plusieurs personnes et devant une assemblée, les secondes sont individuelles, c'est-à-dire jouées par un seul musicien et sans public caractérisé. Les premières ne sont mises en œuvre qu’accompagnées de bière de manioc, les secondes ne nécessitent pas de boisson.
La danse est toujours associée au premier ensemble de musiques : elle se déroule au sein d’une assemblée publique et demande une abondante consommation de boisson alcoolisée.

Les danses se déroulent en extérieur sur la place publique du village ou sur des placettes secondaire auparavant nettoyées et balayées pour l’occasion.
Le nombre de danseurs de 10 à 30 dépend du répertoire choisi et il est en proportion de l’ampleur politique accordée à la danse.
Le dispositif est commun aux autres peuples amazoniens, c’est une danse en chaîne « molaytããkupa- oymoikupa » (littéralement « les danseurs se font collier de perles ») et les mouvements des danseurs sont symétriques. Les danses sont répétitives, les mouvements se répétant pendant toute la danse.
Lorsque les femmes participent à la danse, elles tiennent le bras gauche de leur cavalier respectif et ne marquet pas le pas se contentant de le suivre en marchant. Cette « passivité » systématique des danseuses est fréquente également en Amazonie mais elle n’est pas générale.
De nombreuses danses wayãpi créent par des paroles et des chants une nostalgie très profonde, nostalgie d’une région que les wayãpi ont du quitter ou d’une séparation mythique d’avec les animaux célébrés.

Instruments de musique
 
Chez les wayãpi de l’Oyapok les suites orchestrales « tule » occupent une position intermédiaire entre la musique individuelle par exemple, chants et solos de flûte et la musique villageoise des grands cycles de danses et chants de guerre.
Des 25 instruments recensés chez les wayãpi, 21 sont des aérophones, principalement des flûtes et des clarinettes, chacun correspondant à un seul type de musique et à un seul niveau d’intégration sociale : la famille, le groupe de parenté, le village ou l’ethnie.
 

Les « tule » sont de grandes clarinettes amazoniennes à une seule anche et sans trou de jeu.
Le « kõõkõõ » est un instrument de musique unique au monde, composé de 6 anches posées sur un seul tuyau qui sert d’expression rythmique à l’ensemble des participants. Le résultat est un ode au multi centrisme, chaque son suit sa voie, s’oppose et se répond.


wayapi-tule.jpg
Rites et croyances
 Chez les Wayãpi, l'esprit de l'eau qui veille sur les poissons et les pêcheurs, est la mère des poissons, Pilawi. Le pêcheur doit respecter certaines règles pour éviter les représailles des forces naturelles. Notamment il ne doit pas puiser démesurément dans les réserves de poissons, et si sa pêche est trop importante, il devra savoir partager et faire profiter le plus grand nombre. Dans le cas contraire Pilawi peut se venger sur ses enfants et les rendre malades. Pour protéger ses enfants, le père peut utiliser des charmes de pêche. Ainsi les Wayãpi utilisent la feuille volée ou pitau (en wayãpi) pour protéger l'enfant dont le père a violé un interdit de pêche sur le poisson aïmara.







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